MAGNITUDE

Novembre 2026

Magnitude Le magazine en images

Transformations · Le Relevé · Afrique centrale et de l'Est

Mpox : deux fois moins de cas en Afrique, mais une épidémie plus difficile à voir

M4/10Note Magnitude

Surveillance et maîtrise documentée de la circulation, avec un regard sur la RDC

Impact utile 1/4 · Exécution 2/4 · Innovation 1/2

Riposte et surveillance · 2024–août 2026

Pourquoi cette note ?Évaluation du 26 octobre 2026
La composition du dossier
Illustration de synthèse du dossier
Illustration MAGNITUDE · Image de synthèse, pas une photographie documentaire.
Texte d’archive du pilote de septembre 2026, conservé avec ses sources et ses échéances. La note de réussite ci-dessus est une nouvelle revue du 25 octobre 2026, sur la période précisée. Les anciens verdicts ou attentes cités dans le récit appartiennent à l’édition d’origine.

Texte historique du pilote. Ses commentaires sur l’ancienne notation appartiennent à cette version ; la note Magnitude actuelle et ses raisons se lisent ici.

Madagascar, pour la première fois

Début janvier 2026, Madagascar affronte la mpox pour la première fois. L'Union des internes, qui regroupe les jeunes médecins en formation, annonce alors que ses membres ne prendront plus en charge les cas de mpox. Pas avant d'être protégés 10.

Leurs raisons sont simples, a rapporté l'agence Anadolu. Ils manquent d'équipements de protection. Ils n'ont pas obtenu d'indemnité de risque. S'ils tombent malades, ils paieront eux-mêmes leurs soins 10. En février, France 24 relayait sur X des soignants qui disaient toujours manquer de moyens pour se protéger 10.

Au même moment, les autorités lèvent l'alerte. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait levé son urgence mondiale dès septembre 2025 3. Africa CDC, l'agence de santé de l'Union africaine, lève l'urgence continentale le 22 janvier 2026 4. C'est deux semaines après l'annonce des internes malgaches.

Une baisse bien réelle

Juste avant les premières vaccinations en République démocratique du Congo (RDC), en septembre 2024, l'Afrique notifiait 2 558 cas par semaine 2. En 2026, on en compte 1 144 1. C'est 1 414 cas de moins chaque semaine, soit 55 % de moins. Plus de deux fois moins.

Les décès suivent. En 2025, près de 16 décès étaient notifiés chaque semaine. En 2026, environ 9 1. Environ sept morts de moins chaque semaine, soit une baisse de 43 %.

En Ouganda, la chute est spectaculaire. Le pays avait confirmé 7 073 cas en 2025. Il en compte 67 en 2026, cent fois moins 1.

En RDC, on teste moins

En RDC, les chiffres sont plus difficiles à lire. En 2025, près d'un cas notifié sur trois était confirmé par un test (30 %). En 2026, moins d'un sur cinq (19 %) 1.

Moins de tests, c'est moins de cas visibles. Les décès de 2026 frappent presque tous des malades jamais testés 1. L'OMS signale aussi des retards de notification, liés à l'épidémie d'Ebola 5.

L’illustration, dans le récit
Illustration de synthèse du dossier

Même illustration que l’ouverture. Réemploi dans ce dossier ; aucune nouvelle scène ni photographie documentaire.

Illustration MAGNITUDE · Image de synthèse, pas une photographie documentaire.

Des positifs qui n'étaient peut-être pas malades

Le problème existe aussi dans l'autre sens. Une étude parue dans The Lancet Infectious Diseases a examiné des tests positifs dans quatre villes congolaises. Pour environ un tiers (35 %), le test a pu capter des traces du virus sans que la personne soit infectée 6. Ces traces d'ADN viral restent des semaines sur les surfaces, et même dans l'air des centres de traitement 6. L'université de Genève, qui l'a dirigée, l'a résumé sur X le 22 septembre 8.

Concrètement : sur trois personnes déclarées positives à Goma, Kamituga, Kinshasa ou Uvira, l'une n'était peut-être pas infectée. Il risquait pourtant l'hospitalisation ou la quarantaine, et la honte qui colle à la maladie. Il risquait même de l'attraper au centre de traitement, selon les auteurs 6.

Là où le virus avance

Madagascar, elle, compte 3 576 cas confirmés en 2026, près de la moitié des cas confirmés du continent (45 %) 1. Deux tests sur trois y reviennent positifs : le virus circule activement 5.

En RDC, Radio Okapi signale une reprise au Kasaï en septembre 7. Le 25 septembre, Reuters rapportait un cas confirmé à Bunia, en Ituri. C'est la ville au centre de l'épidémie d'Ebola 9.

Ce qui reste à voir

La baisse est observée. Mais personne ne peut encore dire quelle part revient aux vaccins et à la riposte. Nous la classons M5, un séisme, avec une confiance moyenne à faible. Le vrai point faible, c'est la capacité à voir l'épidémie. Tant qu'en RDC moins d'un cas sur cinq est confirmé par un test, une partie de l'épidémie reste dans l'ombre. Le chiffre à suivre est donc simple : la part des cas suspects testés en RDC.

Indice d’ampleur historique — pilote 2026

Grille du Relevé pour cet effet · Données de l’édition pilote du 28 septembre 2026. Les différentes grilles se lisent dans leur périmètre.

M5Séisme

Région : Centre et Est (RDC, Ouganda, Burundi, Kenya), avec lecture continentale · Domaine : santé · Statut : résultat observé (baisse des cas notifiés et des décès) ; effet non attribuable à ce stade

M5 · Séisme (bande M5–M6) · confiance moyenne à faible Effet noté : la baisse du nombre moyen de cas de mpox notifiés par semaine (suspects et confirmés) dans les États membres de l'Union africaine. Référence : les quatre semaines précédant la première vaccination en RDC (septembre 2024), soit 2 558 cas par semaine. Période : jusqu'au 13 septembre 2026.

Cadrage révisé et publié : la référence initiale (moyenne de 2025) était postérieure au déclencheur (5 octobre 2024) ; elle a été remplacée par la période qui le précède immédiatement.

Dimension Valeur Ce qui la fonde
Portée 1 141 999 personnes notifiées en 2025 et 41 818 du 1er janvier au 13 septembre 2026 : entre 100 000 et 5 millions 1
Profondeur 2 1 144 cas par semaine en moyenne en 2026 contre 2 558 avant la vaccination : −55 % 12
Durée 1 (au moins) Série qualifiante continue du 5 octobre 2025 au 13 septembre 2026 : 343 jours comptés de fin de fenêtre à fin de fenêtre (370 depuis le début de la première fenêtre) ; l'intervalle chevauche le seuil, case basse 1
Vitesse 1 Premières observations qualifiantes entre 86 et 190 jours après le déclencheur : case 1 1
Entraînement 0 Aucune chaîne d'effets secondaires établie

Total : 1 + 2 + 1 + 1 + 0 = M5. Sensibilité : avec la durée comptée depuis le début de la première fenêtre (370 jours), la note serait M6, dans la même bande. La série des notifications n'a qu'un producteur (Africa CDC) ; l'OMS en confirme la tendance.

Objet noté : un effet, la baisse des cas notifiés, jamais une personne. Totaux Africa CDC : 141 999 cas notifiés en 2025, dont 43 041 confirmés, avec 825 décès ; du 1er janvier au 13 septembre 2026, 41 818 cas, dont 8 001 confirmés, et 333 décès 1. Depuis octobre 2025, chaque période de quatre semaines reste au moins 5 % sous le niveau de référence. Décès notifiés : 15,9 par semaine en 2025, 9,1 en 2026. Cas confirmés : Ouganda, de 7 073 à 67 ; Burundi, de 1 662 à 119 1. La baisse est un résultat observé, non attribuable à la seule riposte.

Levier : piste à expérimenter. Acteurs : ministères de la Santé, Africa CDC, OMS. Mécanisme : financer le transport des échantillons pour tester chaque cas suspect, et revoir le seuil de positivité des tests PCR pour limiter les faux positifs. Pour Andrew Azman, qui a dirigé l'étude à Genève, abaisser ce seuil est « la solution la plus simple et la plus rapide » 6. Coût : inconnu. Effets indésirables : un seuil mal calibré peut faire manquer de vrais cas, et des ressources prises sur la riposte contre Ebola.

Qui gagne, qui paie

Qui gagne (résultat observé, non attribué)

  • L'Ouganda, le Burundi et la Sierra Leone : les cas confirmés tombent à quelques dizaines ou à zéro en 2026, contre plusieurs milliers en 2025 1.
  • Le continent : les décès notifiés baissent de 43 % par semaine, et les décès parmi les cas confirmés de 75 % 1.
  • La RDC : les cas confirmés baissent de 85 % par semaine, sous la réserve du recul du dépistage.

Qui paie

  • Madagascar : première flambée de son histoire, 3 576 cas confirmés et 23 décès en 2026, soit 45 % des cas confirmés du continent. Deux tests sur trois y sont positifs (66 %), signe d'une transmission active 15.
  • L'Angola : 548 cas confirmés en 2026, contre 8 en 2025 1.
  • La RDC : 333 décès parmi l'ensemble des cas en 2026, presque tous chez des cas jamais confirmés ; reprise signalée au Kasaï en septembre 2026 7 ; surveillance affaiblie par l'épidémie d'Ebola 5. Le 25 septembre, Reuters rapportait sur X un cas confirmé à Bunia, en Ituri, la ville au centre de cette épidémie 9.
  • Les personnes testées positives à tort : hospitalisation, isolement et stigmatisation inutiles 6.

Ce qui ferait changer cette note

  1. Un taux de dépistage des cas suspects en RDC pour 2026 : une chute sous les niveaux de 2025 imposerait de retester la profondeur en RDC ; la note continentale resterait portée par les pays hors RDC.
  2. Une étude reliant la levée des urgences à une baisse mesurée des financements ou de la surveillance : entraînement à 1, soit M6.
  3. Une reprise durable qui ramènerait les notifications au-dessus de 95 % du niveau de référence : durée à recalculer.
  4. Une révision des séries 2024-2025 après correction des faux positifs : référence et profondeur à recalculer.
Sources (10)
  1. Africa CDC, Epidemic Intelligence Weekly Report, septembre 2026 (rapport du 24 septembre 2026), et rapports mensuels de janvier 2025 à septembre 2026.
  2. Africa CDC et OMS, Mpox Epidemic in Africa, 01–29 September 2024.
  3. OMS, cinquième réunion du comité d'urgence du RSI sur la mpox.
  4. Africa CDC, levée de l'urgence de santé publique de sécurité continentale.
  5. OMS, rapport de situation n° 69 sur la mpox.
  6. Étude UNIGE, Institut de médecine tropicale d'Anvers, INRB, The Lancet Infectious Diseases, 2026. — résumé : newswise.com
  7. Radio Okapi, propagation de la mpox au Kasaï, 20 septembre 2026.
  8. Université de Genève sur X, 22 septembre 2026
  9. Reuters Africa sur X, 25 septembre 2026 · dépêche Reuters (US News), 25 septembre 2026
  10. Anadolu, internes de Madagascar, janvier 2026 · France 24 sur X, 11 février 2026

Réussite 2.0 · Analyse documentaire du 25 octobre 2026

Pourquoi cette note ?

La note apprécie la réussite dans l’objet, le stade et la période ci-dessous. La note est un jugement éditorial unique ; les raisons exposent les points retenus et les limites du dossier.

M4/10

Riposte mpox

Note Magnitude

une riposte active, dont les résultats restent fragilisés par la qualité de la surveillance.

Objet évalué
Surveillance et maîtrise documentée de la circulation, avec un regard sur la RDC
Période et stade
2024–août 2026 · Riposte et surveillance
Territoire
Afrique centrale et de l’Est
Les trois appuis de la note
Riposte mpox : M4/10. Impact utile 1/4 · Exécution 2/4 · Innovation 1/2.

Une forme = un point sur dix.

Point attribuéPoint non attribué

Les trois axes expliquent les points attribués : impact /4, exécution /4, innovation /2.

Force limitée : les données notifiées décrivent des baisses, notamment des décès, mais les situations nationales divergent. Un point d’impact retient ce signal favorable avec retenue. Il ne l’attribue pas mécaniquement aux vaccins ou à toute la riposte, car le dépistage et la notification changent aussi.

Limite d’exécution : deux points reconnaissent des interventions et une surveillance en activité. Les tests insuffisants en RDC, les retards et les difficultés de protection rapportées ne permettent pas d’évaluer leur fonctionnement comme solide partout.

Choix : un point d’innovation porte sur les adaptations d’accès vaccinal effectivement engagées. Notre 4 mesure la réponse et sa capacité à montrer ses résultats, pas l’ampleur de l’épidémie ; la levée d’une alerte ne suffit pas à prouver la maîtrise de la circulation.

Impact utile

1/4

1/4 : des baisses de cas et de décès sont notifiées, mais les biais de dépistage et les évolutions contrastées empêchent d’attribuer un résultat robuste à la riposte.

Exécution

2/4

2/4 : surveillance et interventions fonctionnent, avec des défauts substantiels de protection, de tests et de notification explicitement décrits.

Innovation

1/2

1/2 : l’accès vaccinal et les adaptations de riposte sont mis en activité ; l’effet propre de leur nouveauté n’est pas suffisamment isolé pour accorder deux points.

Calcul : 1 + 2 + 1 = M4/10.

Ce qui limite la note

La part des suspects testés, les délais et le résultat attribuable aux interventions ne permettent pas d’établir une maîtrise robuste de la circulation.

  • Part des suspects testés, délais de notification et résultat attribuable aux interventions.

Jugement éditorial du 26 octobre 2026 sur cet objet et cette période. Une donnée absente ne prouve pas un effet nul ; les limites sont exposées ci-dessus.

Sources et repères
  1. OMS — rapport mpox 69, septembre 2026

    pages de synthèse et avertissements de surveillance lus. Le rapport souligne les biais de notification et les retards en RDC. La baisse des cas ne prouve pas à elle seule l’efficacité de la riposte.

Politique rédactionnelle et sources

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