Illustration MAGNITUDE · Image de synthèse, pas une photographie documentaire.
Texte d’archive du pilote de septembre 2026, conservé avec ses sources et ses échéances. La note de réussite ci-dessus est une nouvelle revue du 25 octobre 2026, sur la période précisée. Les anciens verdicts ou attentes cités dans le récit appartiennent à l’édition d’origine.
Le 1er octobre 2025, la Côte d'Ivoire garantit à ses planteurs 2 800 FCFA le kilo de cacao 1. C'est le prix minimum que l'acheteur doit leur payer, au bord du champ. Le 4 mars 2026, ce prix tombe à 1 200 FCFA 2. Plus de la moitié s'envole d'un coup.
Prenons une situation type, sur les prix officiels. Une famille qui livre une tonne était sûre de toucher au moins 2,8 millions de FCFA. Au nouveau prix, le plancher n'est plus que de 1,2 million. La même récolte rapporte 1,6 million de moins 12. Le pays compte plus d'un million de producteurs recensés 5.
Le Ghana voisin suit la même pente. Le 12 février 2026, son office public du cacao, le COCOBOD, baisse le prix au planteur d'un peu plus d'un quart 3.
Le marché est tombé le premier
Cette coupe suit une chute des cours mondiaux. En décembre 2024, la tonne de cacao valait 12 906 dollars à New York. Le 24 février 2026, elle en valait 2 952 2. Moins d'un quart de son sommet.
Le planteur ivoirien était donc payé plus cher que ce que son cacao valait sur le marché mondial 2. Les négociants perdaient de l'argent à chaque achat. Alors ils ont ralenti. Résultat : 100 000 tonnes de fèves sont restées invendues 2. L'État a dû sortir de l'argent public pour les racheter 2.
Au Ghana, le COCOBOD avait vendu d'avance, à bas prix, plus de cacao que le pays n'en a finalement récolté. Il chiffre lui-même sa perte à plus d'un milliard de dollars 3. Yaw Dormacho, planteur et fils de planteur de Sefwi Debiso, a résumé ce décalage dans un texte repris par l'agence ghanéenne GNA. Le planteur n'a pas conçu ces ventes, écrit-il, ni négocié ces contrats. « Le planteur a simplement cultivé le cacao, et il a attendu » 11.
L’illustration, dans le récit
Même illustration que l’ouverture. Réemploi dans ce dossier ; aucune nouvelle scène ni photographie documentaire.
Illustration MAGNITUDE · Image de synthèse, pas une photographie documentaire.
Qui paie, qui respire
Les planteurs paient. La baisse sort de leur poche, kilo après kilo.
Les négociants et les exportateurs, eux, respirent. Avec un prix proche du marché, acheter ne leur fait plus perdre d'argent 2. Combien ils y regagnent, aucune de nos sources ne le dit. L'État ivoirien respire aussi : il a moins de pertes à combler.
Grève chez les uns, refus chez les autres
Six mois plus tard, la colère éclate. Le 16 septembre 2026, le syndicat SYNAP-CI lance une grève illimitée des ventes de cacao 13. Son dirigeant, Moussa Koné, exige le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao. Il veut aussi qu'on reprenne les stocks restés chez les planteurs. Et il invoque des prix en hausse chez les voisins 13.
Tout le monde ne suit pas. L'interprofession, l'OIA Café-Cacao, appelle à continuer de vendre 13. Le 25 septembre à Daloa, des producteurs et des coopératives du Haut-Sassandra se désolidarisent de la grève 14. Bloquer les ventes en pleine rentrée scolaire, disent-ils, priverait les familles de revenus 14.
Au Ghana, le prix remonte un peu le 25 septembre 8. Il reste un quart sous celui d'octobre 2025. Pour l'opposition, il est même illégal, car inférieur au minimum fixé par la loi 15. Le COCOBOD affirme le contraire, calcul à l'appui 8.
Ce que personne ne sait encore
Un prix garanti n'est pas un revenu. Ce que les familles ont vraiment encaissé, personne ne l'a mesuré. Le Conseil du Café-Cacao reconnaît des paiements partiels ou tardifs 9. Au Ghana, en juillet, plus de la moitié des 6 milliards de cedis d'arriérés du COCOBOD restait impayée 10.
Pour la campagne qui s'ouvre, la Côte d'Ivoire garde 1 200 FCFA le kilo 4. Notre note mesure le choc sur ce prix, pas sur le revenu. Pour savoir si les revenus chutent aussi, on surveillera deux choses : les fèves qui arrivent aux ports, et celles qui partent en douce chez les voisins. Le Contrechamp de ce numéro suit les planteurs, région par région.
Indice d’ampleur historique — pilote 2026
Grille du Relevé pour cet effet · Données de l’édition pilote du 28 septembre 2026. Les différentes grilles se lisent dans leur périmètre.
Objet noté : une décision publique, la baisse du prix bord-champ minimum garanti. La note ne porte ni sur une personne ni sur le revenu réellement encaissé.
M6 · Séisme (bande M5–M6) · confiance moyenne
Effet noté : la baisse du prix bord-champ minimum garanti au producteur de cacao. Population : producteurs de cacao de Côte d'Ivoire et du Ghana. Période : 1er octobre 2025 → 28 septembre 2026.
Dimension
Valeur
Ce qui la fonde
Portée
1
Plus de 1,2 million de producteurs de café-cacao recensés en Côte d'Ivoire (mai 2026) et environ 800 000 familles productrices au Ghana : entre 100 000 et 5 millions de personnes 56
Profondeur
2
−57,1 % en Côte d'Ivoire (2 800 → 1 200 FCFA/kg), −28,6 % au Ghana (58 000 → 41 392 cedis la tonne) 123
Durée
1
Environ 207 jours (Côte d'Ivoire) et 228 jours (Ghana) sous la référence au 28 septembre 2026 48
Vitesse
2
Le prix change le jour de son entrée en vigueur
Entraînement
0
Quatre chaînes d'effets testées, aucune établie par une observation indépendante
Total : 1 + 2 + 1 + 2 + 0 = M6. Sensibilité : si un observateur indépendant reliait la reprise des arrivages portuaires ivoiriens à la baisse du prix, l'entraînement passerait à 1 et la note à M7 (la bande changerait).
Portée 1 : plus de 1,2 million de producteurs recensés en Côte d'Ivoire 5 et quelque 800 000 familles au Ghana 6. Profondeur 2 : la baisse dépasse 20 % dans les deux pays. Durée 1 : plus de 200 jours sous la référence. Vitesse 2 : le nouveau prix s'applique le jour même. Entraînement 0 : quatre chaînes d'effets cherchées, aucune prouvée. Contrebande vers la Guinée : écart de prix observé, volumes récents non mesurés. Engrais : achats en berne selon une enquête privée, sans point de comparaison. Arriérés de COCOBOD : antérieurs à la baisse. Arrivages portuaires ivoiriens : rebond après mars, qu'aucune source ne relie au prix.
Le calcul ghanéen, à la main. COCOBOD avait fixé la tonne à 58 000 cedis le 3 octobre 2025 7, puis à 41 392 cedis le 12 février 2026 3. Soit 16 608 cedis de moins sur 58 000 : −28,6 %, pas les −20 % annoncés ailleurs. Le 25 septembre 2026, le prix remonte à 42 400 cedis 8. L'opposition NPP le juge sous le minimum légal de 70 % de la valeur réalisée à l'export, rapporte TV3 15 ; COCOBOD le situe à 71,18 % 8. Côté ivoirien, les 280 milliards de FCFA engagés par l'État visent le rachat de 100 000 tonnes invendues 2.
Conclusion de la mesure : un choc profond et immédiat sur le prix garanti. Au-delà du prix, rien n'est démontré.
Levier examiné : piste à expérimenter. Acteur : le Conseil du Café-Cacao. Mécanisme : le paiement électronique obligatoire par carte du producteur, annoncé pour septembre 2026, doit rendre chaque paiement traçable 9. Coût : inconnu. Effet indésirable possible : l'exclusion des planteurs non enrôlés. À Agboville, le producteur Ouedraogo Madi posait la question à Mongabay : « Quand tu as la carte, ils vont virer ton argent. Maintenant, comment retirer ton argent en cas de besoin ? » 5
Qui gagne, qui paie
Producteurs ivoiriens et ghanéens : ils paient. 1 600 FCFA de moins par kilo en Côte d'Ivoire, 16,6 cedis au Ghana. Ceux qui avaient livré sans être payés paient aussi l'attente : environ six mois dans cinq régions du Ghana selon la GNA 11, paiements partiels reconnus par le Conseil du Café-Cacao 9. Deux coûts distincts, qui ne se compensent pas.
État ivoirien et Conseil du Café-Cacao : 280 milliards de FCFA engagés pour racheter des stocks invendus 2, de quoi payer 100 000 tonnes à 2 800 FCFA le kilo. La baisse réduit l'écart avec le marché.
COCOBOD et Trésor ghanéen : 6 milliards de cedis d'arriérés à apurer 10 ; COCOBOD reconnaît une perte de plus d'un milliard de dollars sur des contrats 3.
Exportateurs et négociants : ils gagnent. Avec un prix aligné sur le marché, leurs marges redeviennent positives, sans qu'aucune de nos sources ne les chiffre. Avant la baisse, au moins 100 000 tonnes d'achats étaient en défaut, selon deux cadres de maisons de négoce cités par Reuters 12.
Ce qui ferait changer cette note
Une source indépendante attribuant à la baisse du prix la reprise des arrivages ivoiriens après mars 2026 : entraînement à 1, soit M7 (la bande changerait).
Des volumes de contrebande postérieurs à mars 2026 (saisies douanières, exportations guinéennes ou togolaises) : une chaîne vers un autre territoire serait établie.
Le maintien des prix sous la référence jusqu'au 12 février 2027 (Ghana) ou jusqu'à début mars 2027 (Côte d'Ivoire) : durée à 2, soit M7.
Une enquête indépendante sur les prix réellement encaissés : elle permettrait de noter le revenu, et non plus seulement le prix garanti.
Réussite 2.0 · Analyse documentaire du 25 octobre 2026
Pourquoi cette note ?
La note apprécie la réussite dans l’objet, le stade et la période ci-dessous. La note est un jugement éditorial unique ; les raisons exposent les points retenus et les limites du dossier.
M3/10
Prix et protection des planteurs
Note Magnitude
un prix garanti existe, mais il protège mal le revenu réellement reçu par les planteurs.
Objet évalué
Stabilisation du prix et protection du revenu des producteurs
Période et stade
Octobre 2025–septembre 2026 · Dispositifs de campagne appliqués
Territoire
Côte d’Ivoire et Ghana
Les trois appuis de la note
Prix et protection des planteurs : M3/10. Impact utile 1/4 · Exécution 2/4 · Innovation 0/2.
Impact utile1/4
Exécution2/4
Innovation0/2
Une forme = un point sur dix.
Point attribuéPoint non attribué
Les trois axes expliquent les points attribués : impact /4, exécution /4, innovation /2.
Choisissez un axe pour lire les raisons de la note.
Force limitée : les mécanismes donnent un prix minimum officiel connu avant la vente. Un point d’impact reconnaît cette fonction de repère, sans la confondre avec un revenu encaissé. Les révisions importantes et les impayés décrits affaiblissent fortement la protection recherchée.
Réalisation : deux points d’exécution reconnaissent des grilles et des mécanismes effectivement appliqués. Les engagements de paiement et les plans de trésorerie ne valent pas achèvement. Le corpus distingue explicitement les montants garantis de ce que les familles ont réellement reçu.
Limite : la stabilisation par prix garanti est un instrument classique, sans point d’innovation supplémentaire dans cet objet. Le 3 ne mesure pas la violence de la chute mondiale ; il juge la réussite fragile du dispositif à protéger les producteurs pendant la période étudiée.
Impact utile
1/4
1/4 : un prix minimum existe, mais les fortes révisions à la baisse et les retards de paiement contrarient la protection du revenu ; le bénéfice utile retenu est limité.
Exécution
2/4
2/4 : les mécanismes de fixation et les nouvelles grilles sont appliqués ; les difficultés de trésorerie et l’achèvement des paiements empêchent de retenir une exécution solide.
Innovation
0/2
0/2 : le prix garanti et les ventes à terme sont des instruments classiques de stabilisation ; la traçabilité relève d’un autre objet et ne donne pas de bonus ici.
Calcul : 1 + 2 + 0 = M3/10.
Ce qui limite la note
Les paiements effectifs et les revenus nets ne sont pas établis, tandis que les réductions de prix et la trésorerie limitent la protection recherchée.
Paiements réellement reçus, délais et revenu net par ménage.
Jugement éditorial du 26 octobre 2026 sur cet objet et cette période. Une donnée absente ne prouve pas un effet nul ; les limites sont exposées ci-dessus.
publication primaire lue dans le moteur. Prix annoncé et mécanisme de stabilisation ; déclaration publique sur les paiements, pas enquête de revenu des ménages.
communiqué lu dans le moteur. L’office justifie la révision et les réformes de trésorerie. Les objectifs de paiement ne valent pas preuve de leur achèvement.